Session 30 : Pharmacovigilance

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Session 30 : Pharmacovigilance

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HEPATOX° : AN UPDATED DATABASE AND AN AVOIDANCE TOOL

M. Biour

Centre de Pharmacovigilance, Hopital Saint-Antoine , F-75571 PARIS cedex 12, France.

A computerized databank on drug-induced hepatic injury is currently a necessity because of increasing reports concerning drug hepatotoxicity.

Such a databank has been compiled by authors from reports of liver injury in association with drugs published in international literature. Liver injuries are classified according to the consensus meetings. For each type of hepatic lesion, the number of publications is given. All the published cases were reanalysed by authors. The indispensable criteria for inclusion in the database were at least a temporal relationship between drug challenge and onset of liver injury and elimination of potential causes. The database is updated weekly. It includes 1,083 drugs marketed in the world. 12,616 publications have been reanalysed and included.

Results tell the user whether a given drug has been involved as a putative causal agent in liver injury and an evaluation of its responsiblility in a given case. So, absence of a drug from the list does not eliminate its possible responsibility in a case of liver injury. Users should be aware of these limitations, and are invited to report all suspected cases to their national adverse drug reaction monitoring systems.

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ENREGISTREMENT EXHAUSTIF NATIONAL DU SYNDROME DE REYE

E. Autret-Leca, A.P. Jonville-Béra, M.E. Llau, F. Bavoux, J.M. Saudubray, J. Laugier, D. Devictor, J. Goujard

Centre de Pharmacovigilance- CHU Tours et CHU St Vincent de Paul – Paris

Des études de type cas/témoins ont démontré une association significative entre la prise d’aspirine au cours d’un épisode viral aigu et la survenue d’un SR. Aux Etats-Unis la contre-indication de l ‘aspirine dans les infections virales fébriles de l’enfant a été suivie d’une diminution de l’incidence du SR passant de 0,9/100 000 en 1980 à 0,1/100 000 en 1987. En Grande-Bretagne, l’aspirine est contre-indiquée chez l’enfant de moins de 12 ans.

L’objectif était d’évaluer l’incidence du SR en France à partir de données nationales exhaustives.

Tous les enfants, hospitalisés dans un service de pédiatrie français entre le 01 novembre 1995 et le 31 octobre 1996 et ayant l’association: âge < 15 ans, troubles de conscience avec LCR normal, TGO, TGP > 3 N et/ou ammoniémie > 3 N sans explication raisonnable à l’atteinte neurologique et hépatique (définition du CDC) étaient signalés par les 370 services de pédiatrie et de réanimation pédiatrique. Les SAMU et SMUR devaient signaler les enfants décédés de cause inconnue. Tous les cas ont été classés par un comité d’expert en cas “signalé à tort”, “exclu”, “récusé” ou “probable”. L’exhaustivité du recueil des cas a été vérifiée dans 10% des services.

En un an, 46 enfants susceptibles d’avoir un SR ont été signalés. Le comité d’expert les a classés en: – 14 SR probables, – 18 cas récusés, 1 cas inclassable, 10 cas signalés à tort et 3 cas exclus secondairement. Cinq des 14 SR probable avaient une maladie métabolique: déficits de l’oxydation des acides gras (3), anomalie du cycle de l’urée (1) et déficit en OCT (1). Onze/14 enfants (79%) ont guéri sans séquelle, 1 (7%) garde une tétraplégie et 2 (14%) sont décédés. Les 9 SR sans maladie métabolique ont par rapport aux 5 avec maladie métabolique un âge supérieur (5,7 vs 3,1 ans), des transaminases (61 N vs 5 N) et une ammoniémie (4,8 N vs 3 N) plus élevées, un facteur V (36% vs 82%) et des CPK (3 N vs 25 N) inférieurs. On retrouve une prise d’aspirine chez 10 enfants et une prise de paracétamol chez 9 enfants. Sur 34 enfants signalés par les SAMU, aucun n’a été retenu comme susceptible d’être un SR. Le contrôle de qualité a identifié 4 dossiers non signalés dont aucun n’était un SR. L’incidence française du SR n’est donc pas différente de celles des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne depuis les restrictions d’emploi de l’aspirine en pédiatrie. Cette incidence a pu être soit surestimée par la technique de recueil (très active), soit sous estimée par une sous exposition possible à l’aspirine “à cause” de l’étude. Nous ne disposons pas de données sur la consommation d’aspirine en France au cours de l’étude, mais entre 1980 et 1991, dans 12000 foyers tirés au sort, la consommation d’aspirine a diminué (-10%) au profit de celle du paracétamol (+61%) et des AINS (240%).

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ADVERSE DRUG REACTIONS IN HOSPITALIZED PATIENTS: A PROSPECTIVE STUDY IN A DEPARTMENT OF INTERNAL MEDICINE

R. Lagnaoui1, J. Fach1, M. Longy-Boursier1, N. Moore2 and B. Bégaud2

1Service de MEdecine Lnterne et Maladies tropicales, CHU Bordeaux, Hôpital Saint-AndrF, 33075 Bordeaux cedex

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Service de Pharmacologie Clinique, CHU Bordeaux, Hôpital Pellegrin, 33076 Bordeaux cedex

Objectives

: To describe Adverse Drug Reactions (ADRs). To assess incidence and preventability of ADRs.

Methods: Prospective observational study: 444 adults admitted to a 32-bed internal medicine unit of the University Hospital of Bordeaux over a 4-month period, were intensively followed by a qualified pharmacist in order to detect and assess any ADR occurring during the hospital stay.

Results

: Out of the 2 569 patient-days corresponding to the 444 admissions, we found 156 ADRs identified in 116 patients (1.3 ADR per patient). Of these ADRs, 130 (29,3 % of admissions) occurred before admission, of which 32 (7,2 % of admissions) were the cause of the present hospitalization and 26 (5.9 % of admissions) occurred in hospital. The in-hospital incidence rate of ADRs was 10.1 per 1 000 patient-days. The risk of ADRs increased proportionally to the duration of hospitalization: this risk was 3.1 % if the duration of hospitalization was 3 days and increased to 17 % for 10 days. 34 (22 %) ADRs could be considered serious, according to EU criteria: 2 (1.3 %) were life-threatening and 32 (20,5 %) caused hospitalization; there were no fatal ADRs. Eighty-five percent of ADRs were considered preventable.

Conclusion

: ADRs in hospitalized patients are common and often preventable. The prevention strategies should target all the stages of drug prescription and utilisation by reinforcing the drug information.

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VACCINATION DTCP

HIB ET MORT SUBITE DU NOURRISSON AGÉ DE 30 À 90 JOURS: ETUDE CAS-TEMOINS

A.P. Jonville-Béra, E. Autret-Leca, F. Barbeillon, P. Monin, P. Lequien, G. Breart, et les Centres Français de référence sur la mort subite du nourisson.

Pharmacologie Clinique – CHU de Tours ; Centres Français de référence sur la mort subite du nourisson et INSERM U 149 – Paris

La vaccination contre DTCoq

Polio a été une des nombreuses hypothèses évoquées à l’origine du syndrome de mort subite du nourrisson (MSN). Des cas isolés de mort-subite du nourrisson ont été rapportés après cette vaccination sans que l’on puisse établir de relation causale entre ces deux événements, ce d’autant que cette vaccination est réalisée à l’âge de l’incidence maximale de la MSN. La plupart des études épidémiologiques réalisées n’ont pas mis en évidence de relation entre cette vaccination et la MSN. En 1995, une étude cas-témoin régionale réalisée par notre équipe n’avait pas mis en évidence d’augmentation du risque. Cependant, dans le sous-groupe des enfants décédés avant l’âge de 3 mois, les cas étaient statistiquement plus souvent vaccinés que les témoins. Une étude des enfants décédés de MSN entre 30 et 90 jours était donc nécessaire pour confirmer ou infirmer ce résultat.

L’objectif était de rechercher si la vaccination par DTCP

HIB était un facteur de risque de MSN chez les enfants décédés entre 30 et 90 jours .

L’étude cas-témoin a inclu tous les enfants de terme de naissance > 34 SA, décédés entre 30 et 90 jours d’une MSN et pour lesquels avait lieu une consultation dans un centre de référence de prise en charge de la MSN. Il leur était apparié 3 témoins de même sexe, nés à plus de 34 SA dans la même maternité le même jour que le cas.

Les données ont été recueillies pour les cas par le pédiatre au moment de la consultation au centre de référence et pour les témoins par téléphone.

En 27 mois, 114 cas de MSN et 341 témoins ont été inclus. L’âge médian des cas est de 61,5 jours et le sex ratio de 1,59 (G/F). Les cas ont par rapport aux témoins : un poids de naissance inférieur, une fréquence plus élevée de grossesses multiples, de sommeil en position ventrale, de maladies dans les huit jours précédant le décès et d’allaitement artificiel à la naissance. Leurs mères sont plus jeunes, ont moins souvent une activité professionnelle et sont plus souvent tabagiques.

Chez les MSN, le statut vaccinal pour DTCP

HIB à la date de décès n’est pas différent de celui des témoins à âge égal (OR=0.7; IC 95%[0.41-1.75]). L’OR n’est pas modifié si on l’ajuste sur les variables de confusion (OR=1.08; IC 95%[0.49-2.36]).

L’exposition à la vaccination par DTCP