Session 18 : Pharmacovigilance

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Session 18 : Pharmacovigilance

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LOGICIEL SUR-MESURE POUR CENTRE DE PHARMACOVIGILANCE: présentation interactive

JF. Forget, M. Jasson-Molinier, G. Bourdin, C. Soubrié

Centre de Pharmacovigilance, CHU Pitié-Salpêtrière, 47 Bd de l’Hopital, 75013 Paris, France

Les médecins du Centre ont élaboré un cahier des charges:

– tenue d’un registre (demandes de renseignement, notifications);

– gestion du travail sur les questions et des réponses;

– recherches multicritères (toutes les rubriques sont interrogeables) ;

– gestion et recherche des correspondants; de leurs adresses;

– suivi des questions semi-automatisé (courriers, relances);

– archivage électronique des documents papier associés à chaque question;

– aide à la rédaction du rapport annuel d’activité.

Le logiciel a été réalisé, par un médecin du Centre et un informaticien sous Access, en 340 h. La configuration minimale proposée est un ordinateur PC, microprocesseur de 166 Mhz, de 32 Mo de mémoire, un scanner, et une unité de sauvegarde. Il a été testé en situation réelle, pendant trois mois, par des utilisateurs naïfs, et mis au point grâce à une collaboration permanente d’un médecin du Centre avec l’informaticien (280 heures- personnes).

Le logiciel proposé répond aux objectifs fixés, son utilisation est facile, son interface conviviale. Il assure en outre la sécurisation des données. Cette application est utilisable en temps réel. Elle est encore flexible, adaptable à d’autres besoins éventuels. Elle pourrait constituer une base de données inter-centres (via le réseau Internet), des questions anonymées et de leurs réponses.

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HEMOLYSE SEVERE APRES TRAITEMENT PAR MELPHALAN HAUTE DOSE

C. Hulin, E. Fleck, B. Witz, F. Witz, P. Feugier, P. Raby, A. Guerci, P. Lederlin

Service de Médecine A, Hôpitaux de Brabois, CHU NANCY 54511 Vandoeuvre Cedex

L’intérêt prouvé du Melphalan haute dose suivi d’autogreffe de cellules souches périphériques par son impact sur la survie globale en traitement du myélome multiple conduit en hématologie à une augmentation importante de son utilisation qui reste globalement très bien toléré. Nous rapportons un cas exceptionnel d’hémolyse aiguë ayant suivi son administration.

Un myélome multiple de type IgA de stade IIIA selon Durie et Salmon est diagnostiqué en mars 96 chez Mr GAB… à l’âge de 48 ans. Il est inclus dans le protocole IFM 94-01. Une rémission partielle < à 50 % est obtenue après 4 VAD. Le patient est hospitalisé pour une première intensification, le 13/7/97, par Melphalan 140 mg/m2 soit 256 mg. Du 14/7 au 17/7 Monsieur GAB… passe d’une hémoglobine à 11 g/dl à 6,2 g/dl associée à un ictère à bilirubine libre (70 mg/l), une haptoglobine effondrée et nécessite un support transfusionnel par 7 concentrés érythrocytaires. Le test de Coombs est négatif. L’évolution sous traitement symptomatique s’avère rapidement favorable en 6 jours avec normalisation de la bilirubine et absence de nouvelle déglobulisation inattendue. La 2ème intensification sera réalisée avec un conditionnement par Cyclophosphamide et irradiation corporelle totale avec les mêmes mesures symptomatiques d’accompagnement sans nouvel épisode d’hémolyse.

La survenue d’une hémolyse après Melphalan est un effet secondaire, reconnu bien qu’apparaissant tout-à-fait exceptionnel pour notre expérience personnelle et celle de l’Intergroupe Français du Myélome. Nous n’avons retrouvé par ailleurs qu’un seul cas dans la littérature (Ann Intern Med 1967, 66, 573-77). L’exemplarité de cette observation exceptionnelle nous paraît intéressante à rapporter.

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TOXIClTE; HEMATOLOGIQUE DU METHOTREXATE A FAIBLE DOSE: FACTEURS FAVORISANTS

J. Schmidt*, M. Zénut**, O. Aumaître*, J. Fialip**.

* Service de Médecine Interne; ** Centre Régional de Pharmacovigilance – Hôpital Gabriel Montpied, CHU Clermont-Ferrand

L’utilisation large du Méthotrexate à faibles doses dans le traitement des maladies inflammatoires a favorisé la survenue de complications, notamment hématologiques, qui peuvent mettre en jeu le pronostic vital. L’expérience acquise (*) a permis de mettre en évidence des facteurs favorisants relativement nombreux, dont plusieurs coexistent dans les observations suivantes.

Il s’agissait de 3 patients (F.44 ans, M.68 ans, F.60 ans) traités pour une polyarthrite rhumatoide (2 premiers cas) et une scléropolymyosite (3ème cas). Les doses étaient respectivement de 15, 7,5 et 15 mg/semaine. Dans les 3 cas, il s’agissait d’une pancytopénie révélée à l’occasion d’une complication infectieuse systémique. D’autres facteurs de risque étaient retrouvés: carence en folate, hypoalbuminémie et absence de suivi médical (ler cas), macrocytose (2ème cas), prescription ponctuelle de cotrimoxazole (3ème cas). Sous traitement antiinfectieux adapté et sauvetage par l’acide folinique, l’évolution a toujours été favorable. La réintroduction a été réalisée 2 fois, elle s’est révélée positive 1 fois. L’imputabilité intrinsèque a ainsi été évaluée respectivement C3S2, C1S3 et C2S2. Aucun de ces patients ne présentait d’insuffisance rénale, ni ne recevait d’AINS qui constituent les principaux autres facteurs de risque.

(*) WEINBLATT M.E., in Textbook of Rheumatology, William N. KELLEY, W.B. SAUNDERS COMPANY, 4th ed.

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LE TRAITEMENT DE SUBSTITUTION AUX OPIACES VU PAR LE PHARMACIEN D’OFFICINE: ENQUÊTE EN AGGLOMERATION TOULOUSAINE

V. Jougla, C. Damase-Michel, M Lapeyre-Mestre et J. L. Montastruc

Service de Pharmacologie Clinique, Centre d’évaluation et d’information sur les pharmacodépendances, Faculté de Médecine, Hôpitaux de Toulouse, France

Une enquête d’opinion a été réalisée auprès de 58 pharmaciens d’officine choisis au hasard parmi les pharmaciens de l’agglomération toulousaine. Elle concerne leur expérience de délivrance de la buprénorphine haute dose (Subutex°).

Parmi les 46 pharmacies ayant accepté de répondre, 23 sont situées en ville et 23 en périphérie ou à la campagne. En ville, les pharmaciens reçoivent en moyenne 24 toxicomanes par semaine pour 4 à la campagne. 74% des officines possèdent un espace de confidentialité. 59% des pharmaciens ont reçu une information à propos de la buprénorphine haute dose et 37% ont bénéficié d’une formation. 97% des pharmaciens ” formés ” se sentent ” impliqués ” dans la délivrance d’un traitement de substitution, c’est-à-dire effectuent une délivrance journalière, se tiennent au courant de l’état de santé des toxicomanes et sont attentifs à d’éventuelles rechutes. 30% des pharmaciens développent des relations plus étroites avec leurs patients substitués en les recevant personnellement, les écoutant et les conseillant. Seuls 21 % des pharmaciens disent avoir un contact systématique avec le médecin prescripteur. Près du quart des pharmaciens ont constaté une amélioration somatique (28%), sociale (reprise du travail: 22%) et psychique (24%) de leurs patients substitués. 90% des pharmaciens constatant une amélioration somatique de leurs patients sont
” impliqués ” dans la délivrance de buprénorphine haute dose. La majorité des pharmaciens constatant une amélioration psychique (61%) ou sociale (67%) de leurs patients développent avec eux des relations plus étroites. Cette observation ne se retrouve pas en ce qui concerne l’amélioration somatique. Enfin, 77% des pharmaciens constatant une amélioration de leurs patients bénéficient de contacts réguliers avec le médecin traitant.

Ces résultats suggèrent l’importance de la relation médecin/pharmacien, de la formation et de l’implication du pharmacien dans la bonne prise en charge des patients substitués par buprénorphine haute dose.

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SIDE EFFECTS OF DRUGS PRESCRIBED OUTSIDE THE APPROVED SUMMARY PRODUCT CHARACTERISTICS

H. Bagheri, K. Maréchal, J.L. Montastruc

Service de Pharmacologie Clinique, Centre Midi-Pyrénées de Pharmacovigilance, de Pharmacoépidémiologie et d’Informations sur le Médicament, Faculté de Médecine, Hôpitaux de Toulouse, France

Side effects of drugs prescribed outside the approved summary product characteristics (SPC) were reviewed using the database of the Midi-Pyrénées Pharmacovigilance Center. This prospective study was performed from 1.03.1997 to 31.12.1997.

Among the 690 reports, 25 (3.6 %) were found to be related to drugs prescribed outside SPC. Sex ratio was 0.92. Mean age was 48 years (range: 8-92 years). Most frequently involved drugs were antineoplastic (5 cases, mainly cis- and carboplatin), antiinfectious (4 cases: ofloxacin, aciclovir, amoxicillin, pipemidic acid), antalgic and antiinflammatory (3 cases: acetylsalicylic acid, naproxen, diclofenac), neuropsychiatric (2 cases: carbamazepine and clomipramine), gastro-intestinal (2 cases: misoprostol and metoclopramide), endocrinological (2 cases: tyroxine and triptoreline), pulmonary (2 cases: acetylcysteine and fenspiride) and 5 various (dalteparin, vitamin, immunoglobulin, sodium pamidronate, acetazolamide) drugs. Side effects were neurological (9, mainly cephalalgia and dizziness), haemotological (6, mainly 4 medullar aplasia, 2 thrombopenia and 1 agranulocytosis), dermatological (4: 3 erythema and 1 vascular purpura), urological (2 nephretic colitis), cardiovascular (1 tachycardia, 1 stroke) and 2 others (1 fever and 1 bilateral maculopathia). Imputability scores were “probable” (11 cases), “possible” (4 cases) and “doubtful” (10 cases). Thirteen reports were “serious” including 1 death, 11 hospitalizations and 1 possible sequella. Six side effects were classified as type B (unexpected).

This preliminary study allows to discuss the role of the underlying disease in the occurrence of drug-induced side effects.

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DRUG-INDUCED FEVER: A REVEW OF THE MIDI-PYRENEES PHARMACOVIGILANCE CENTER’S DATABASE

H. Bagheri, A. Junca, J.L. Montastruc

Service de Pharmacologie Clinique, Centre Midi-Pyrénées de Pharmacovigilance, de Pharmacoépidémiologie et d’Informations sur le Médicament, Faculté de Médecine, Hôpitaux de Toulouse, France

Cases of drug-induced fever were reviewed using the database of the Midi-Pyrenees Pharmacovigilance Center. This retrospective study was performed from 1.01.1990 to 31.12.1996. We excluded the cases of malignant neuroleptic syndrome.

Among the 5892 cases, 108 (1.85 %) were reported fever drug-induced. Sex ratio was 1.57. Mean age was 48 years (range: 1 month-93 years). Most frequently involved drugs were antiinfectious (45 fold mainly

b lactam antibiotics, sulfamides, antituberculous and quinolones) antineoplastic (10 fold mainly aracytine and interferon a ), neuropsychiatric (10 fold mainly carbamazepine), (5 fold rhumatologic (5 fold mainlygold compound), cardiovascular (5 fold), immunoglobulins (2 fold) and various drugs (10 fold). Mean delay of occurrence of fever was 3 days for antineoplastic drugs, 5.5 days for antiinfectious and 17 days for neuropsychiatric drugs.

In 76 reports (71%), fever was associated with other symptoms: cutaneous (33%), gastrointestinal (9.3%), neuropsychiatric (8.3%), muscular (6.4%), hematological (2.7%) signs and others (8.3%). In 22 reports, rechallenge was positive. Imputability scores were “very probable” (5%),”probable” (49%), “possible” (28 cases) and “doubtful” (18%). In 73% of reports, side effect was classified as “serious” because of hospitalisation or prolongation of it (72%) or possible sequela (1%). In 34% of cases, fever was classified as type B (unexpected).

This study allows to discuss the role of antiinfectious drugs in occurrence of drug-induced fever. This side effect is not mentionned in the approved summary product characteristics (SPC) of some drugs frequently involved in this study such as amoxicillin, myambutol and quinolones.

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TWO-YEARS EXPERIENCE OF TACROLIMUS IN A RENAL TRANSPLANT UNIT

D. Visanica, M.J. Royer-Morrot, C. Guigue, L. Frimat, E. Renoult, P. Netter and M. Kessler

Service de Néphrologie et de Pharmacologie, CHU Nancy, 54500 Vandœuvre-les-Nancy, France

First studies demonstrated that tacrolimus is a more potent immunosuppressive drug than cyclosporine and is less responsible of certain side-effects (gingival hyperplasia, hypertrichosis). Since 1970, we have performed more than 850 renal transplantation in our unit. Currently we follow more than 550 renal transplant recipients. We report our indications and results of tacrolimus in 65 patients.

1°) first-line treatment for retransplantation: 14 patients,

2°) first-line treatment in a protocol regimen: 12 patients,

3°) switch from cyclosporine (Neoral

â ) because of severe or repeated rejection in the first year: 27 patients, later than the first year: 9 patients,

4°) switch from cyclosporine (Neoral

â ) because of gingival hyperplasia: 2 patients,

5°) switch from cyclosporine (Neoral

â ) because of severe hypertrichosis: 1 patients.

We have noted the following side-effects: glycemic dysregulation (28%), diarrhea (9%), nephrotoxicity (9%). One patient has presented a fatal bronchial carcinoma, 4 months after the replacement of cyclosporine by tacrolimus.

Tacrolimus was associated with mycophenolate mofetil (MMF) in 15 patients (23%) in a triple-drug therapy. Diarrhea was more frequent (33%), but it resolved with a diminution of the dose of MMF to l g/day.

This study helped us to precise the place of tacrolimus in immunosuppressive regimen after renal transplantation and its use in combination with other immunosuppressive drugs particularly MMF.

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PRESCRIPTION DE KETOPROFENE A VISEE ANTALGIQUE ET ATTEINTE POLYVISCERALE SEVERE.

M. Flamenbaum*, M. Zénut**, A. Abergel***, C. Biehler*, J.L Kemeny****, J. Lavarenne**, Ph. Cassan*

*Service d’Hépatogastroentérologie, Centre Hospitalier 03209 VICHY; **Centre Régional de Pharmacovigilance, ***Service d’Hépato-gastroentérologie,****Laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologiques, CHU 63000 Clermont-Fd.

Monsieur G.T., âgé de 73 ans, aux seuls antécédents d’ulcère gastrique, paludisme, hypertension artérielle, traité au long cours par vérapamil (Isoptine

â ), naftazone (Etiovenâ ) reçoit, à la suite d’un traumatisme costal, kétoprofène (Profénidâ ) et thiocolchicoside (Coltramylâ ). Deux jours après, le patient présente des vomissements et une douleur épigastrique. La persistance de ces symptômes et la survenue deux jours plus tard d’un ictère cutanéo-muqueux, d’un syndrome confusionnel et d’une altération de l’état général, entraînent l’hospitalisation. A l’entrée, une atteinte biologique cholestatique (ALAT = 4N, ASAT = 6N, PA = 5,5N, GGT = 10N, BT = 506 µmol/l, BC = 352 µmol/l) associé à des signes d’insuffisance hépatique (TP = 18%, facteur V = 43%) et à une encéphalopathie sont mises en évidence, tous les médicaments sont arrêtés. Cette hépatite fulminante s’accompagne également d’une atteinte pancréatique (amylasémie = 72N) et d’une insuffisance rénale aiguë (créatininémie = 283 µmol/l, urémie = 94 mmol/l). Le bilan étiologique permet d’écarter une origine alcoolique, cardiaque, biliaire, virale ou autoimmune. Le scanner abdominal met en évidence une pancréatite oedémateuse. L’évolution clinique et biologique est rapidement favorable permettant de réaliser, au 8ème jour de l’hospitalisation, une ponction biopsie hépatique montrant une stéatose microvésiculaire de l’ordre de 20%.

La survenue très rapide des signes après l’introduction du kétoprofène et du thiocolchicoside est évocatrice du rôle de ces deux médicaments. La publication de quelques cas d’atteintes hépatique ou pancréatique isolées oriente plutôt vers la responsabilité du kétoprofene d’autant qu’un cas de stéatose microvésiculaire a été décrit avec ce médicament.

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ANAPHYLACTIC REACTION ASSOCIATED WITH ANGIONEUROTIC EDEMA FOLLOWING THE INTAKE OF
” HEPATOUM “, A DRINKABLE SOLUTION COMMONLY USED FOR ITS CHOLERETIC PROPERTIES

S. Sury, V. d’Elbée, P. Morel, B. Vandel

Centre Régional de Pharmacovigilance, CHU La Milétrie, 86021 Poitiers Cedex France.

We report a case of an anaphylactic reaction with angioneurotic edema after oral absorption of ” Hepatoum ” solution, a pharmaceutical preparation used for its choleretic properties. Symptoms, eyelid and face edema, rhinorrhea, dysphonia and urticaria, appeared in the two hours following the intake. The treatment based on SOLUDECADRON

â (dexaméthasone) + CELESTAMINEâ (bétamethasone) administration resulted in regression of symptoms. No similar allergic reaction was previously observed in the patient and the dose absorbed was in the normal range. In fact, ” Hepatoum ” solution (but not the tablets) contains tartrazine, an additive that is commonly added to foods and drugs. The allergic reactions induced by tartrazine are well-known. Tartrazine causes generalized pruritis, recurrent urticaria, angioedema, cough, rhinorrhea … Clinical trials show a cross-sensitivity between aspirin and tartrazine. The mechanism of sensitivity is obscure and has been called pseudoallergic. Because aspirin sensitivity has been attributed to the inhibition of prostaglandins synthesis, it has been suggested that the anaphylactic reaction occurring after tartrazine absorption is related to the same phenomenon. It seems important to inform practionners and their patients about the potential side effect of this over the counter (OTC) drug.

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OEDEME DE QUINCKE ET ISOTRETINOINE A PROPOS DE DEUX CAS

J. Chevrant-Breton1, G. El Khawand1, L. Cartron1, JP. Pichard1, C. Penfornis2, C. Beneton2, A. Gloanec1

1 Service de Dermatologie; 2 Laboratoire de Pharmacovigilance – CHU PONTCHAILLOU 35033 RENNES CEDEX France

Les effets secondaires cutanéo-muqueux de l’Isotrétinoine orale (RO ACCUTANE*) sont très connus après 10 ans d’expériences de ce produit: nous rapportons cependant 2 cas d’oedème de Quincke, complication relativement exceptionnellement signalée .

Cas n°l: Tiphaine, 20 ans, traite son acné récidivante par RO ACCUTANE* 20 mg per os pendant 6 mois. Après 3 mois d’arrêt, elle reprend à 30 mg/jour et présente un oedème facial aigu avec macrochéilite 2 jours plus tard qui cède sous corticoïdes et antihistaminiques. Un mois plus tard, elle tente à nouveau 20 mg de RO ACCUTANE* par jour avec récidive de l’oedème identique en moins de 48 heures. 2 ans plus tard, un test épicutané avec du RO ACCUTANE gel entraîne du prurit qu’elle avait noté à l’utilisation de ce produit auparavant. Au 2ème jour, un oedème labial fugace réapparaît.

Cas n°2: Anne, 25 ans, traite pour la première fois son acné par RO ACCUTANE* 30 mg/jour. A J3, 1 heure après la prise, elle présente une crise d’urticaire aiguë généralisée avec oedème de Quincke facial, résolutif sous corticoides en urgence. La recherche d’une autre cause d’oedème de Quincke reste négative. Elle n’a utilisé que du LOCACID* sans problème antérieurement. Aucun test n’a été réalisé.

COMMENTAIRES: Les allergies à l’Isotrétinoine semblent exceptionnelles au vu de la littérature et du dictionnaire VIDAL. Les phénomènes anaphylactoides ne sont rapportés qu’exceptionnellement: 3 cas d’urticaire généralisées avec réintroduction positive. Notre premier cas semble très typique. Le deuxième plus insolite (1ère prise médicamenteuse, rôle du LOCACID* topique antérieur. Le laboratoire ROCHE signale une trentaine de cas rapportés à leur Centre de Pharmacovigilance.

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FIRST CASE OF ERYTHERMALGIA (ERYTHROMELALGIA) RELATED TO HEPATITIS B VACCINATION

Ch. RABAUD*, A. BARBAUD**, Ph. TRECHOT***, P. GILLET***, Th. MAY*

*Service de Maladies Infectieuses et Tropicales, **Service de Dermatologie, ***Service de Pharmacologie, Centre Hospitalo-Universitaire de Nancy – Hôpitaux de Brabois, Allée du Morvans, 54511 Vandoeuvre les Nancy Cedex, France

Herein is reported the first case of erythermalgia induced by the hepatitis B recombinant vaccine.

Two days following the injection of the third dose of recombinant hepatitis B vaccine (VACCIN ENGERIX B

â 20µg/mL, SmithKline Beecham), a healthy 17-year-old boy developed burning pain of the extremities, predominantly on both hands associated with redness, oedema, cutaneous infiltration of fingers and elevation of the temperature of affected areas. Heat exposure exacerbated paroxysmal attacks, which were relieved by exposure to cold. No fever or other abnormalities were observed by clinical examination. Erythermalgia diagnosis was based on clinical findings. The treatments successively prescribed by the patient’s general practitioner remained ineffective, and cold exposure was the only way to diminish patient’s pain. Ten days following erythermalgia onset, the patient was hospitalized. He had asthenia, anorexia and a weight loss of 10 kg. Laboratory findings were normal. Capillaroscopy observations were consistent with erythermalgia diagnosis. Fifteen days following erythermalgia onset, immune globulins (1g/kg/d) were administered intravenously for 2 days, which diminished painful attacks. Complete recovery occurred two months later.

The timing of erythermalgia development and the absence of any other aetiologies highly suggest the responsibility of the hepatitis B vaccine for inducing the herein reported erythermalgia. The manufacturers have been informed of this possible adverse drug reaction

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CONVULSIONS APRES ANESTHESIE LOCALE POUR LA REALISATION D’UNE BRONCHOSCOPIE. A PROPOS D’UN CAS PEDIATRIQUE

D. Gambini*, J.N. Di Marco**, J.H. Bourdon***, M.J. Jean-Pastor*, F. Rodor*, C. Locatelli*, N. Nguyen*, J. Jouglard*

* Centre Régional de Pharmacovigilance, Hôpital Salvator, 249, Bd. de Ste Marguerite, 13009 Marseille, France.

** Service de Pédiatrie, Centre Hospitalier, Av. des Tamaris, 13100 Aix en Provence, France.

*** Laboratoire de Toxicologie, Centre Anti-Poisons, Hôpital Salvator, 249, Bd. de Ste Marguerite, 13009 Marseille, France.

Nous rapportons un cas de crise convulsive généralisée liée à un surdosage en lidocaïne utilisée comme anesthésique de contact.

Un jeune enfant de 16 mois, pesant 13 kg, sans antécédent particulier, est hospitalisé pour la réalisation d’une fibroscopie bronchique devant la suspicion d’inhalation d’un corps étranger. L’anesthésie locale est réalisée par administration de Lidocaïne en aérosol (100 mg en nébulisation au masque facial), complétée par 5 pulvérisations sur la muqueuse oropharyngée d’une solution à 5 % (40 mg). Une heure plus tard, alors que l’examen s’est déroulé sans incident, l’enfant va présenter un épisode convulsif cédant rapidement à l’administration de diazépam. Un prélèvement sanguin réalisé immédiatement confirmera le surdosage en lidocaïne révélant une concentration à 8 ng/ml. L’enfant avait également reçu du midazolam (35 mg en intra-rectal), un anesthésique halogéné et du salbutamol en aérosol (200 pg).

L’étude de la littérature permet de retrouver des cas de convulsions après application directe de lidocaïne sous forme de gel ou de solution, toutefois aucune observation n’a été rapportée à notre connaissance après administration par aérosol. Deux autres signalements de convulsions après utilisation de Xylocaïne

â sur la muqueuse pharyngo-laryngée ont été effectués aux Centres de Pharmacovigilance.

Les risques liés à une anesthésie muqueuse de contact ne doivent pas être sous-estimés et sa réalisation nécessite le respect des contre-indications et des précautions d’emploi relatives à l’âge, au titrage de la préparation et à la dose administrée.

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SUCRALFATE BEZOAR

C. Guy, MN. Beyens, C. Ferracin, M. Ratrema, M. Ollagnier

Centre de Pharmacovigilance, Hôpital Bellevue, 42055 Saint-Etienne, France

A bezoar is a mass of undigested material which may form within the lumen of the gut. Some drugs have the potential to form bezoars. In the majority of patients, there is a clear predisposing factor. We present here the data of the French System of Pharmacovigilance about sucralfate and literature review.

Two distincts populations were concerned: 11 adults and 5 newborn babies. All of them were hospitalised in intensive care units. The childrens were very low birth weight newborn babies. All of them presented abdominal distension or acute occlusion. The abdominal radiograph revealed an opaque mass filling the contour of the stomach. Adults presented an oesophageal bezoar around a nasogastric tube. Risks factors for bezoar formation were severe illness, gut hypomotility, dehydratation, overdosage, nasogastric tube feeding.

Sucralfate is used in the management of peptic ulcer. At pH < 4, extensive polymerisation occurs and a sticky viscid gel is formed. In view of this inquiry, the French System of Pharmacovigilance proposes caution for adults in intensive care unit feeding by nasogastric tube and contraindicates it in premature babies receiving sucralfate.

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SYNDROME D’HYPERSENSIBILITE A LA MINOCYCLINE

M.J. Jean-Pastor*, A. Brun*, R. Benjelloun*, M. Radal**, J. Jouglard*

*Centre Régional de Pharmacovigilance, Hôpital Salvator, 249, Bd. de Ste Marguerite, 13009 Marseille, France.

**Centre Régional de Pharmacovigilance, Hôpital Bretonneau, 2, Bd. Tonnellé, 37044 Tours Cedex, France.

Une jeune fille de 17 ans a présenté un “syndrome d’hypersensibilité” associant fièvre, érythrodermie, polyadénopathies hyperéosinophilie et cytolyse hépatique, trois semaines après le début d’un traitement par minocycline (100mg/j) pour une acné. Malgré l’arrêt immédiat du traitement, l’évolution n’a été que très lentement favorable, nécessitant une corticothérapie générale pendant cinq mois. Aucune étiologie non médicamenteuse n’a été retrouvée. La responsabilité de la minocycline est “plausible” dans la survenue de cet effet indésirable “grave” et “inattendu”.

Le syndrome d’hypersensibilité médicamenteuse peut mettre en jeu le pronostic vital: près de 10% de mortalité à cause des atteintes viscérales, principalement hépatiques. La mortalité est d’autant plus importante que le diagnostic est tardif, retardant l’arrêt du médicament potentiellement responsable.

Or le syndrome d’hypersensibilité médicamenteuse est mal connu des médecins et “inattendu” en ce qui concerne la minocycline. Au plan chronologique, le délai d’apparition le plus suggestif est de 2 à 6 semaines (voire 3 mois) après le début de la prise médicamenteuse. La disparition des signes après l’arrêt du médicament est souvent longue (plus de 4 semaines). La semeiologie est polymorphe, associant un exanthème maculo-papuleux fébrile à une hyperéosinophilie majeure, des polyadénopathies et une atteinte polyviscérale variable (foie, rein, coeur). En l’absence de critères cliniques ou biologiques précis, le diagnostic est difficile.

Les médicaments en cause sont principalement les anticonvulsivants, l’allopurinol, la dapsone…

Il est impératif d’arrêter le(s) médicament(s) suspect(s). Le traitement corticoide reste discuté.

Une modification du RCP de la minocycline paraît devoir être envisagée pour mieux informer les prescripteurs de ce risque grave.

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IATROGENESE MEDICAMENTEUSE DANS UN SERVICE D’ACCUEIL ET DE TRAITEMENT DES URGENCES

M.J. Jean-Pastor*, V. Ledoray**, Ph. Jean**

* Centre Régional de Pharmacovigilance, Hôpital Salvator, 249, Bd. de Ste Marguerite, 13009 Marseille, France.

** Service des Urgences, Hôpital de la Conception, 147, Bd. Baille, 13005 Marseille, France.

L’objectif de ce travail était d’évaluer les conséquences de la iatrogénèse médicamenteuse chez les patients se présentant dans un Service d’Accueil et de Traitement des Urgences médico-chirurgicales d’adultes (SATU). Pendant une semaine, les infirmiers d’accueil puis les médecins du SATU ont interrogé avec précision tous les malades sur leurs traitements en cours et leurs antécédents médicamenteux. Un médecin de pharmacovigilance a rétrospectivement analysé tous les dossiers à la recherche d’effets indésirables, mésusages, surdosages volontaires ou d’une mauvaise observance.

En une semaine, 757 passages aux urgences ont été enregistrés, à l’origine de 163 hospitalisations. Ont été recensés:

— 8 effets indésirables: 5 motifs de consultations suivies de 2 hospitalisations (hématome sous-dural sous antivitamine K, ulcère gastrique sous salicylé); 2 effets identifiés a posteriori chez des patients hospitalisés pour un autre motif (hyponatrémie sous furosemide, vomissements sous tacrine); 1 éruption sous AINS pendant l’hospitalisation au SATU.

–12 surdosages volontaires chez des patients en cours de traitements par des psychotropes (benzodiazépines et apparentés 9 fois, antidépresseurs 3 fois), tous à l’origine d’hospitalisations. (non considérés comme accidents médicamenteux)

–14 mésusages (flunitrazepam 7 fois, bromazepam 3 fois, lorazepam 1 fois, alprazolam 1 fois, codeine 1 fois, buprenorphine IV )

–16 non observances (dont 3 en raison d’une grande précarité) à l’origine de 9 hospitalisations pour crise convulsive (6 fois), décompensation diabétique (1 fois), état dépressif (1 fois), paludisme (1 fois).

Cette étude a permis de sensibiliser toute l’équipe d’un SATU à la pharmacovigilance. Elle a confirmé l’importance de la iatrogénèse chez les patients venant aux urgences (8,6% des hospitalisés) et la nécessité d’une éducation des malades pour un bon usage des médicaments.